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Le cuiseur à bois économe, ou CBE


Le projet

Le problème

De plus en plus, le bois se fait rare, à Manandona, comme dans la plupart des régions de Madagascar. Les brûlis (photo 2) abîment les bois adultes et empêchent le reboisement. La fabrication du charbon de bois (photo 3) consomme beaucoup de bois, environ 8 kg pour 1 kg de charbon. De plus, actuellement, le charbon de bois est le combustible le plus utilisé.

Une solution

Une solution pourrait être le CBE (photo 1). L’actrice principale de ce projet se nomme Yvonne Morvan et est membre d’Anjou-Madagascar. Des amies lui ont fait connaître l’association Bolivia Inti et ses réalisations, dont les CBE. Elle en a fait fabriquer un puis l’a essayé, durant l’été 2008. À la rentrée, elle en a parlé au conseil d’administration d’Anjou-Madagascar. Celui-là a demandé une démonstration qui l’a convaincu. Il a, alors, donné, à Yvonne, la mission d’aller proposer le CBE à Manandona.

Démonstration d’intérêt

Elle est partie, en septembre 2008, pour Madagascar, avec un gabarit sur feuille fourni par Bolivia Inti. À Manandona, le président de Vovonana Soamiaradia a compris l’intérêt du CBE et a confiée la fabrication d’un exemplaire à un soudeur d’Antsirabe, dans le but de mener des tests (photo 4). Pour convaincre les membres de la commission « Condition féminine & artisanat  » de Vovonana Soamiaradia, Yvonne n’a pas eu besoin de faire de discours. Elle a mené, de front, la cuisson de haricots secs, dans un foyer à bois traditionnel et dans un CBE, avec 2 marmites identiques, le même volume d’eau, la même mesure de haricots, à l’aide de 2 tas de bois identiques. Au bout d’une heure de cuisson, la différence des tas de bois était nettement notable : il restait beaucoup de bois pour le CBE, et plus rien pour l’autre (photo 5).

Des utilisateurs convaincus

Les personnes présentes, hommes et femmes (photo 6 et photo 7), ont été séduites par ce cuiseur : de conception simple, fabriqué à partir de matériaux peut onéreux, ne perturbant pas la cuisson traditionnelle et, surtout, économe en bois.

Des commandes ont été passées, tout de suite, mais la réalisation a pris un peu de temps car il faut aller à Antsirabe, à 22 km de là, pour faire fabriquer les cuiseurs. La fabrication d’un cuiseur revient à 10 €. Rappelons que 70 % des malgaches vivent avec moins de 1 € par jour. Anjou-Madagascar a accordé une aide de 4 € aux habitants les plus nécessiteux de Manandona. Aux dernières nouvelles, une vingtaine de cuiseurs a été livrée.

Une preuve d’efficacité

Ce cuiseur est un gain économique : une femme qui l’a utilisé 4 jours de suite, a déclaré : « le tas de bois que je brûle, habituellement, en 1 jour, m’en a servi 4, avec le CBE ».

Description et fonctionnement

Schéma

Voyez le schéma (photo 8) pour identifier les numéros des composants du CBE.

q un bidon, de 30 ℓ environ, d’huile ou de peinture, préalablement vidé et nettoyé ; il sera percé pour laisser sortir la partie horizontale du tuyau w ;

w un tuyau en tôle, coudé, éventuellement de section carrée, d’une épaisseur allant de 1,5 mm à 2 mm, avec une partie horizontale (H) et une partie verticale (V) ;

e une plaque métallique trouée servant de grille, pour recevoir le bois et assurant la ventilation du foyer ;

r le couvercle du bidon, percé, au centre, d’un trou de diamètre très légèrement plus petit que celui de la partie verticale du tuyau w ;

t de la cendre qui joue le rôle d’isolant supportant de hautes températures. Elle remplit l’espace entre le tuyau et le bidon ;

y le bois ;

u la marmite posée au centre sur la partie verticale du tuyau, sans le boucher, sinon il n’y a pas de circulation d’air ;

i une chemise, réalisée dans une plaque de tôle, enroulée autour de la marmite, à 2 cm environ de celle-là.

Fonctionnement

On allume le feu. Grâce à la forme du tuyau w et aux trous de la grille e, le feu démarre très vite.

La chaleur est canalisée vers la marmite. L’isolant t et la chemise i évitent de chauffer l’air environnant, ce qui serait une perte. La température dans le foyer s’élève rapidement et peut atteindre 800 °C.

Le fait de concentrer la plus grande partie de la chaleur au niveau de la marmite rend le système efficace et permet de cuire vite avec peu de bois.

Précautions d’utilisation

Utiliser peu de bois à la fois : deux branches de 4 cm à 6 cm de diamètre suffisent après le démarrage ; il faut pousser les bois régulièrement, toutes les 5 minutes environ (c’est la partie fastidieuse), sinon le feu s’éteint. La fumée indique une mauvaise combustion.

Utiliser du bois sec.

Éviter de laisser couler du liquide dans le bidon, car la cendre mouillée est corrosive et attaquerait le tuyau coudé… Donc rentrer le cuiseur par temps de pluie.

Intérêts de son utilisation

Ce cuiseur produit de la fumée mais beaucoup moins que le foyer traditionnel à bois. Il est utilisable par tous les temps, ensoleillés ou non.

Il est compatible avec les méthodes de cuisson traditionnelles.

L’économie, en bois de cuisson (rapport 4 à 5), et sa construction, avec des éléments trouvés sur place, font de ce cuiseur un outil très intéressant, sur le plan économique.

Son utilisation permet, aussi, à la population, de limiter la déforestation de Madagascar.